Jamais.

Ce nouvel article est la poursuite du second : je place ici des textes anciens que je veux de nouveau faire partager. Celui-ci n'a tout d'abord jamais eu de modèle et ne m'a été inspiré que par un idéal forgé de mes lectures, et de mon observation. Je voulais m'exercer à la prose, suivre l'exemple de Baudelaire que j'avais étudié, avant que de songer à une déclaration... Tout ceci avant que ceux qui m'entourent me deviennent moins indifférents. L'un d'eux en particulier.
C'est pourquoi je tiens à le faire lire, pour que jamais celui-ci n'oublie combien je l'aime. Je l'introduis d'un propos de Proust, que seule la lecture de La Recherche Du Temps Perdu vous fera comprendre, encore faut-il être sensible au temps qui passe. Car de l'observation des clochers de Martinville à la relecture de ce que le narrateur avait écrit alors, s'est écoulé bien plus qu'une vie humaine :

« Voici toute l'émotion qui me secouait à la redécouverte de ce billet que j'avais jadis rédigé à la vue des clochers de Martinville. Le style était pur, c'est-à-dire dénué de tout ce que l'expérience et la fatigue peut traitreusement offrir. La phrase était belle et j'eus pu dédier ce billet à quelque amour de jeunesse, tant le sens en était clair. Je n'y songeai pas tout d'abord, n'étant sûr d'aucun amour, mais en fis ensuite le cadeau à un être auquel la flamme de ma passion n'était alors pas destinée. Il ne la reçut que très humblement, me flattant de savoir être si lyrique.
De fait, ce billet était lyrique, et ma mémoire s'en émeut encore. Jamais je n'ai su écrire si juste ni si vrai, car écrivant pour moi avant que pour l'amour. Si j'avais su ces sentiments qui sommeillaient, j'aurais écrit cela des années plus tôt, à l'aube d'un douze mai plus enivrant que les liqueurs et dont le souvenir m'apporte d'infinis regrets et cette mélancolie que l'un de mes plus proches amis me connaissait si bien. »

Marcel Proust, Le Temps Retrouvé.
* * *

"Je rêve d'une figure et je rêve d'un nom depuis des mois entiers. Je ne suis jamais seule de me les rappeler. Tout ce qui vit en eux peut habiter mon c½ur : et l'harmonie des traits et celle des syllabes. Les pleins et les déliés, consonnes et voyelles : les uns plaisent à l'esprit, les autres à mon oreille. Et pourtant l'Adonis reste bien taciturne, n'ayant pour seul panache qu'un paisible mutisme dans lequel ni ma voix, ni celle de l'Existence, ne semble être invitées. Quel revers de fortune quand on sait la pureté d'une âme impénétrable et retirée du monde par secrète rancune ! Lancelot spleenétique, ton Lac est en-dedans ! Et tes yeux innocents rayonnent les mille feux du palais de Viviane où tu séjournes encore ! Tout Prince que tu es, tu ne peux te défaire de l'Histoire que tu portes en toi comme un souvenir d'enfance. Quel est le chevalier, le prêtre ou le mendiant qui te dit ce secret que tu gardes ardemment ? De combien d'autres Rois me parais-tu-tu dépositaire au plus profond de mes errances ? Car il semble que tous t'aient offert la Noblesse en présent.
Je rêve ta blondeur aux confins de mes nuits. Je puis la reconnaître entre tous les auras : croiserais-je mille ombres lancées vers l'éternel, mon regard n'ira jamais que sur la tienne. Je rêve et je veille sur certaines de tes heures sans même que tu m'observes. Loin de me deviner, tu permets mon dépit lorsque je tente en vain de te dévisager. Quelquefois tu poursuis de rares discours. Mais, décidément éloignée de ta voix, je vois seule ton âme romantique qui sourit par endroits.
Toutes les autres fois tu me préfères la littérature, choisis la plume à la douceur. Tu prends un livre et mes espoirs, pénètres l'½uvre jusqu'à la moelle. Comment te reprocher de te livrer ainsi à tes racines transcendantales ? Toute parole se fait insulte, disgrâce, effronterie, contre la muette énigme de ta mélancolie. Face à toi les colombes se blâment de voler, et la lame de l'eau cesse de défiler. Toi pareil à l'Auster, frère des vents du midi, et de ces souffles lourds annonçant les orages, tu balances sur moi les brises de l'instant sans un son, sans un mot, sans un seul bruissement. Et face à toi ma vie s'en veut de sa tempête.
Je rêve ta figure et je rêve ton nom depuis des nuits entières; mais tu ne songes pas. Pourquoi dormirais-tu, toi qui vis le bonheur d'être affranchi du Graal ? Tu ne sais pas ta quête mais poursuis le futur. Les rues ploient ton échine, le ciel presse ton front et, soumis au murmure de ton propre démon, tu lui livre confiance et belles ambitions.
Je rêve ces ouvrages que tu lis sans façon, toutes ces belles lignes entre tes mains d'enfant. Et pour qu'une fois celles-ci y trouvent leur asile, je n'aspire qu'à leur titre, qu'au nom de leur auteur. Pour un jour immiscer ma lettre dans les leurs, devenir un instant et ce que tu parcours et ce que tu dévores.
Tu te déchires des foules pour mieux les subjuguer, comme tu plais à mon âme quand tu m'es étranger. Je n'ai appris de toi qu'une figure et un nom qui me disent tes lois, me chantent tes accords : de ta théologie je te sais timoré. Tu crains l'unique Dieu comme tu crains la vie : d'un auguste respect, d'une douce méfiance. Tu les crains tout entier et les aime pourtant.
Tu ignores ma figure et méconnais mon nom. Bien loin de t'en vouloir, je vis de tes silences, noyés dans mon éther au fort triste renom. Je m'y fixe, en dépend, et les hais tout autant. Je les crains tout entière et je t'aime pourtant."

# Posté le mardi 25 août 2009 18:59

Portrait d'une Femme.

Portrait d'une Femme.
Depuis que j'ai reçu mes résultats du Baccalauréat, je n'ai presque plus écrit sur ce Blog. Et maintenant que la rentrée pointe le bout de son nez, je sors de cette période de flottement, trop transitoire pour qu'elle soit habitée de quelque création, de quelque article. Finalement, je me contente de publier d'anciens textes (ils ont tout de même un peu plus d'un an !)... Cela m'évite d'en composer de nouveaux et rappelle à ma mémoire les dispositions d'esprit et de c½ur dans lesquelles je me trouvais il n'y a pas si longtemps... Et dans lesquelles je suis peut-être toujours, si du moins je sais rester fidèle à ma plume.
Le premier extrait, celui qui compose cet article, est issu d'une nouvelle que j'ai souhaité écrire pour un concours intitulé « Reflets de Femmes », concours que j'ai abandonné, de même que toutes mes petites entreprises littéraires. De même que toutes mes entreprises en définitive, puisque (quoi qu'aient pu en dire mes professeurs) je me suis toujours montrée ou trop paresseuse, ou trop ambitieuse pour mener à terme quoi que ce soit. Je le regrette bien amèrement.

Voici, je livre ce passage à votre jugement que je sais par avance indulgent. Le prochain article vous plaira davantage, puisque les gens de notre âge s'attachent bien plus aux élans d'un c½ur qu'à ceux d'une vieille dame...


« Or, il faut, dédaignant les terreurs du tombeau,
Entrer d'un pas hardi dans un monde nouveau ! »
Alphonse de Lamartine, La Mort de Socrate

A l'origine de la scène, deux mains s'effleurent de trop près. Ce singulier mouvement imprimé aux deux membres, innocemment songé par un poète, place l'½uvre au dernier degré de l'échelle de l'art superbe. Il transfigure cette peinture en un plafond grandiose : la Création de l'Homme pensée par Michel-Ange devient alors le miroir dans lequel se reflète, non sans orgueil ni embarras, La Mort de Socrate vue par Jacques-Louis David.
En 1787, affranchi de toute commande officielle de la maison du Roi, le peintre étudie l'ultime affaire terrestre du philosophe le plus consacré, Socrate. Sur demande tant de Charles Trudaine de la Sablière que de sa propre ambition, il esquisse les traits des antiques avec application. Et, quand bien même porté par la recherche de la gloire que lui apporterait une victoire sur son rival Peyron, travaillant, lui aussi, au même sujet, sans relâche, il s'élance avec feu vers son nouveau labeur. Tout à sa tâche, il pense aussitôt joindre la main de Socrate à la fatale coupe de cigüe, placée, par souci de bel-effet, au centre de la composition. Faisant grand cas des nobles attitudes, un poète suggère alors à David de fondre ce contact mortel en une légère souplesse du poignet, de sorte que le philosophe, tout entier aux hautes idées qu'il exprime, ne saisira la coupe que lorsqu'il aura achevé de parler. Les plus avisés ne manqueront pas de reconnaître ce conseil comme celui d'André Chénier, ami proche du peintre. Ainsi Socrate caresse-t-il son destin sous le pinceau de David comme Dieu frôle l'Homme sous le ciel de Michel-Ange. Sans doute l'artiste doit-il à cette éminente évocation la reconnaissance inconsciente de ses contemporains, mais là n'est pas notre propos.

Ce qu'en pensèrent les juges du Salon de 1787 nous est profondément indifférent, tout comme la myriade de songes qui habita l'âme de David pendant toute la durée de la réalisation. Nous ne saurons jamais de quel regard il appréciait le philosophe, de quelle douceur ou de quelle force il baignait tous ses gestes, de quel ½il il dosait ses couleurs pour imprimer à sa matière cette étonnante jeunesse. Jamais nous ne devinerons les secrets les mieux gardés de la poitrine sculpturale du vieillard à l'aube de sa fin, des replis du vêtement de Platon, courbé à ses pieds ou du rayon spectral venant éclairer sa figure, apportant avec lui l'espoir irrésolu d'un possible Idéal. Jamais nous ne pourrons dire à quel angle de la toile David appliqua son dernier glacis. Et ces questions demeureront éternelles car il n'est pas un amateur, pas un badaud, pas un mortel qui puisse les soulever : devant l'½uvre du peintre se dessine le visage du philosophe, laissant les arts à la technique pour ne se préoccuper que de l'½uvre et de son essence.

De tous les grands noms de la philosophie, toujours Catherine Egurandes avait préféré celui de Socrate. Son aspiration à l'Eternel l'avait souvent touchée, de sorte que l'honorable vieillard aux doctrines millénaires était devenu dépositaire de sa conscience, de ses plus secrètes et ferventes pensées. Mais, s'il lui était un modèle d'intégrité et de justice, jamais Catherine n'avait eu la prétention de comparer son humble existence à celle du philosophe. Jamais, jusqu'à ce jour.
Fixant de son incisif regard argenté la reproduction en noir et blanc de l'½uvre de David imprimée sur l'une des pages du journal qu'elle tenait entre ses mains fanées, elle tenta tout d'abord de se rappeler combien de fois elle l'avait vue. Le commentaire du journaliste, près de l'image, rappelait aux lecteurs que le tableau était exposé au Metropolitan Museum of Art de New-York. Catherine ne se rappelait plus le musée que brièvement mais conservait un limpide souvenir de la toile dont elle aurait pu restituer l'une après l'autre chaque couleur. Pendant l'un de ses voyages aux Etats-Unis, elle avait particulièrement insisté auprès de Charles, son époux d'alors, pour admirer La Mort de Socrate. Ce dernier, qui aimait se qualifier lui-même de fin esthète, n'avait pu refuser.

Après l'avoir bien souvent revue dans des livres, magasines ou reportages télévisés, l'½uvre était devenue familière à Catherine qui ne manquait jamais l'occasion de ressasser de vive voix ou au plus profond de son c½ur, l'émotion ressentie lors de sa première rencontre avec elle : un sentiment de grandeur mêlé d'une infinie humilité devant le sage, en majesté, proférant ses paroles de confiance à l'humanité, résumée dans le petit comité ayant l'honneur et le malheur d'assister à sa fin,.
Bien plus que l'espoir d'un au-delà meilleur, une absolue certitude de l'immortalité de l'âme humaine avait habité Socrate à l'instant de sa mort. Lors sa détermination et sa joie d'entrer dans une nouvelle existence et de se défaire de son enveloppe terrestre étaient devenues absolues. Catherine, elle, était encore loin de les tenir pour évidentes.
Pour l'heure, l'octogénaire replia le quotidien parisien qui encombrait ses genoux et se leva avec peine de son fauteuil fatigué, au tissu crevé par les années. Son attention se porta mécaniquement sur sa canne, qu'elle saisit avec lenteur : à son âge, rares étaient les urgences. Puis elle avança jusqu'au milieu du salon, où elle arrêta un instant ses pas, s'aidant de la table, à hauteur de ses reins, pour ne pas chanceler. Elle considéra alors avec surprise la pièce qui l'entourait, mis un moment avant de réaliser que le jour déclinait et qu'il lui faudrait quelque effort supplémentaire pour se mouvoir jusqu'à l'interrupteur, près de la porte.

Quatre jours auparavant, Catherine s'était demandée combien de timbres étaient nécessaires pour que le courrier qu'elle désirait adresser au centre des impôts parvienne à destination. Les documents contenus dans l'enveloppe étaient conséquents mais cela justifiait-il deux timbres ? Comment apprécier le poids de l'ensemble sans pouvoir se rendre au bureau de poste ? Cela avait été l'unique préoccupation de sa semaine, jusqu'à ce qu'elle se retrouve face à la nécessité d'allumer le lustre du salon. La vieille femme fut alors en proie à des vives réflexions : devait-elle se diriger d'abord vers la cuisine où elle souhaitait se servir un verre d'eau, avant de s'en aller actionner l'interrupteur ? Mais alors la lumière du jour aurait faibli davantage encore et ses yeux éprouvés par les années seraient bien incapables de s'y accoutumer. En vue de ces considérations, Catherine longea la table, que sa canne heurta maladroitement, et consentit à un aller-retour entre les deux pièces, n'ayant qu'une confiance limitée en ses aptitudes d'orientation dans l'obscurité.

Quelques minutes plus tard, elle perçut l'éclat rougeâtre du soleil couchant, sur le point de mourir une nouvelle fois aux confins de l'horizon. Elle approcha de la fenêtre et s'emplit des reflets sanguins dont l'astre avait coutume de se parer, offrant chaque soir un dernier rayon de violence et de fulgurance à l'une des faces du monde. Et, malgré le ciel tourmenté et les quelques gouttes de pluie qui vinrent s'écraser nonchalamment sur les baies vitrées, Catherine ne cessait d'appuyer son regard se la lumière expirante du couchant. Les voitures passaient bruyamment dans la rue, en bas de l'immeuble, lui renvoyant par intermittence tout le brillant du crépuscule.

Un sourire fendit le visage de la vieille femme lorsqu'elle réalisa combien le monde avait d'unité et de constance, combien tous les êtres s'y ressemblaient. Le soleil était Socrate, elle était Socrate, elle était le soleil. L'astre a pour tombeau un ciel affolé, et s'échoue devant tous comme le vieux philosophe est prisonnier de son sort avant d'expirer devant ses disciples. Ces deux grandes figures finissent seules, bien qu'entourées et, pour demeurer dans la mémoire de ceux qui ont eu l'audace de les regarder mourir, rassemblent leurs plus beaux atours, leur plus belle lumière, leurs plus grands traits de philosophie.

# Posté le mardi 25 août 2009 18:21

Aussi simple...

« Et on se prend la main, comme des enfants, le bonheur aux lèvres, un peu naïvement, et l'on marche ensemble d'un pas décidé, alors que nos têtes nous crient de tout arrêter »... Soudainement, je cesse d'écouter ces douces et cruelles paroles qui parleraient pourtant sans détours à mon c½ur et préfère quelques compositions au piano et au violon qui, plus familières, me laisseront en paix.


Je tiens entre mes mains un livre neuf dont la première de couverture reproduit La Cathédrale de Nicolas de Staël, aux lignes trop épurées et modernes... bien éloignée de la sinueuse complexité de l'½uvre qu'elle enserre. Ce livre, c'est La Chute de Camus. Je relis brièvement la fin :

« Alors, racontez-moi, je vous prie, ce qui vous est arrivé un soir sur les quais de la Seine et comment vous avez réussi à ne jamais risquer votre vie. Prononcez vous-même les mots qui, depuis des années, n'ont cessé de retentir dans mes nuits, et que je dirai enfin par votre bouche : « Oh jeune fille, jette-toi encore dans l'eau pour que j'aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux ! ». Une seconde fois, hein, quelle imprudence ! Supposez, cher maître, qu'on nous prenne au mot ? Il faudrait s'exécuter. Brr... ! L'eau est si froide ! Mais rassurons-nous ! Il est trop tard maintenant, il sera toujours trop tard. Heureusement ! ».

Je repasse ces mots, je revois leur sens, accompagnée de cette balade d'Henry Purcell que j'aime tant et sur laquelle, moi aussi, j'aimerais savoir danser. Levant les yeux et portant mon regard à travers l'embrasure de la fenêtre, j'aperçois un merle secouant ses plumes humides sous un ciel d'été crevé par les nuées. Il s'envole. Je repense à Camus, à son personnage qui, dans sa mystérieuse et si humaine duplicité semble n'avoir aucun regret. Mieux, il se félicite de ses fautes, il se glorifie de sa chute. « Qu'il est beau de tomber ! » semble-t-il nous dire : Qu'il est doux de tomber lorsque l'on a ce choix de tout perdre, de se perdre pour mieux se trouver. Alors on se comprend, alors on comprend l'autre et l'on punit et l'on juge tout à la fois... Et par cette chute, qui fait de nous des "juges-pénitents", on ne quitte jamais vraiment les sommets.

Je devrais remercier Camus, remercier Jean-Baptiste Clamans de ses inébranlables jugements sur la condition et la nature de l'homme. Ils me redonnent confiance. Lorsque j'observe ma propre chute, je sais que, comme le merle à la fenêtre, j'ai attendu que passe la pluie pour m'envoler. J'attendais de tomber, suspendue au bord du vide, les mains et le c½ur ancrés à un froid port de marbre. Mais, l'air se réchauffant peu à peu, j'ai été forcée de m'en éloigner, et j'ai sauté. Je suis la jeune-femme du Pont-Royal.

J'ai attendu que passent et reviennent les orages, j'ai attendu que coule et sèche la pluie pour tourner la tête et regarder. Et rien n'est fini, heureusement. Heureux celui qui regrette, car il contemple sa chute et change ses douleurs en une indicible paix.

# Posté le samedi 01 août 2009 15:08

Modifié le samedi 01 août 2009 15:47

Quand le devoir t'appelle... Mets des boules Quies !

J'ai comme qui dirait envie d'écrire... Mais à quoi bon ? Et que puis-je vous raconter ? Ce n'est pas que ma vie soit en ce moment insignifiante, loin s'en faut. Peut-être au contraire ai-je trop de choses à vous dire ?


Les épreuves du Baccalauréat sont achevées depuis une semaine et déjà tout cela semble bien loin. Malgré une longue mise en condition et une petite semaine de travail qui se voulait intense (mais dont la flamme s'est bien vite éteinte, supplantée par la flemme !), tous mes efforts semblent s'être évanouis et transformés en de simples et ridicules chiffres : ces notes sur lesquelles je ne peux même pas encore poser les yeux avant mardi !
Bien entendu, mes vacances n'ont pas débuté sous le signe de cette frustration mais de manière bien plus heureuse, et légère. Je peux maintenant oublier, pour quelques instants ou quelques jours, les tourments ou l'angoisse, car je ne suis pas seule. Et la vie en est bien plus jolie. Tout est génial $) .


En réalité, un doux vent va se lever : un vent de liberté ! Pour parler en langage KD2A, nous allons passer de « nos années pension » à « c½ur océan » (nan nan j'ai pas honte de mes références culturelles j'vous jure...).
J'entends une pub pour les nouveaux « Kinder Joy » à la télé. Finalement, l'année de terminale, c'est un peu comme un ½uf Kinder : on commence à manger le chocolat au lait, on a du mal à ne pas en être éc½urés jusqu'à ce que l'on trouve la petite boîte jaune et l'on ne sait jamais, avant de l'ouvrir, si la surprise qu'elle contient va nous plaire ou pas. Quoi qu'il en soit, c'est toujours ça de pris !
En ce moment, c'est pareil... J'ouvrirai la boîte mardi matin, et je verrai le résultat. De toute manière, je sais déjà que je n'ai pas tout perdu : j'ai déjà eu beaucoup de bonnes surprises en cours de route.


I found heaven on earth
You are my last, my first
And then I hear this voice inside
Ave Maria

I've been alone
When I'm surrounded by friends
How could the silence be so loud
But I still go home knowing that I've got you
There's only us when the lights go down

You are my heaven on earth
You are my hunger, my thirst
I always hear this voice inside
Saying Ave Maria


(Beyonce)

Quand le devoir t'appelle... Mets des boules Quies !

# Posté le vendredi 03 juillet 2009 14:48

Je me meurs, je suis mort, je suis enterré !

Je me meurs, je suis mort, je suis enterré !

Dimanche 14 juin 2009, je crois qu'il est 23h00...

L'échéance du BAC approche, et je n'ai définitivement plus envie d'angoisser pour quoi que ce soit. Mais qui suis-je donc pour feindre de ne pas avoir peur ? L'inquiétude et l'appréhension enserrent les secondes et atrophient les heures. Déjà, il est trop tard. (C'est bien cela l'angoisse : lorsque le drame se joue avant l'action).

Je suis apathique.
Je suis résignée, pour quelques temps encore. Parfois, il faut savoir être courageux. Il faut surtout aimer l'ennui.

« Les jours sans lui deviennent ennui »,
comme dit la chanson. Les jours sans lui sont bien trop longs.
J'essaie de regarder au loin sans savoir si je dois rire ou pleurer. Il serait idéal de pleurer d'abord et de rire ensuite. Cela viendra surement, car je sais précisément où trouver mon bonheur :

Dans l'illusion des évènements à venir :
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# Posté le dimanche 14 juin 2009 17:21

Modifié le dimanche 14 juin 2009 17:31